Autour de la Commune de Paris, entre histoire et mémoire

À l’occasion du 150ème anniversaire de la Commune de Paris, les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (AD 93) rendent accessibles en ligne des ressources concernant l’évènement historique, ses protagonistes et sa postérité, en proposant un focus sur les archives du Parti communiste français (PCF) et sur les photographies du journal l'Humanité.

 

 

 

 

Précocement, le PCF a cultivé la mémoire de ce temps révolutionnaire. Symboliquement, dès 1921, Zéphirin Camélinat, ancien directeur de la Monnaie pendant les évènements rallié au nouveau parti communiste, remettait officiellement à ce dernier un drapeau de la Commune. Offert par la suite aux Soviétiques, il fut finalement déposé dans le mausolée de Lénine.
 
Sur un plan commémoratif, les anniversaires de la "semaine sanglante" étaient l’occasion pour les communistes de défiler au pied du mur des Fédérés du cimetière du Père Lachaise, cimetière où ont été également inhumés nombre de leurs dirigeants et martyrs.
Commémoration de la Commune de Paris : rassemblement devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise avec au premier plan de gauche à droite Zéphirin Camélinat, Marcel Cachin, X, Paul Vaillant-Couturier, Maurice Thorez. Paris (75), cimetière du Père-Lachaise, 20ème arrondissement, [1927]. Droits réservés – Mémoires d'Humanité / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83FI/2 20).  [Cliquer pour accéder à la galerie.]
 
 
 
Sur un plan patrimonial, la création du musée de l’Histoire vivante à Montreuil a offert un débouché aux objets et documents collectés par le parti concernant la période. Inaugurée dans le cadre du 150ème anniversaire de la Révolution française en 1939, l’institution créée sous l’impulsion de Jacques Duclos offrait une scénographie inscrivant le parti communiste comme l’héritier naturel et légitime du mouvement ouvrier français. Pour autant, certains documents concernant la Commune n’y ont pas été déposés et ont intégré le fonds du PCF aujourd’hui conservé par les AD 93.
 
Jacques Duclos visite le musée de l'Histoire vivante, Montreuil-sous-Bois (93), s.d. Droits réservés - Mémoires d'Humanité / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83FI/470 5).
[Agrandir l'image.]
 
 
C’est le cas des œuvres de l’architecte Hector Horeau réalisées pendant sa captivité dans les mois qui ont suivi la répression de la Commune de Paris (403J1). Elles se composent de dessins à l’encre commentés par l’auteur et de deux aquarelles. Donnant à voir des scènes de vie et paysages de la période révolutionnaire et de sa détention, elles constituent un émouvant témoignage graphique réalisé a posteriori.
 
Droits réservés – Archives du PCF / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis.

 

 

 

 

 

Colonel fédéré, Jean-Baptiste Sérizier a été fusillé au camp de Satory le 25 mai 1872. Au cours de son incarcération, il a entrepris la rédaction d’un « journal des évènements et faits qui se sont passés depuis [son] arrestation du 17 octobre 1871 jusqu’à », sous la forme d’un petit carnet relié de cuir, renseigné avec une écriture manuscrite minutieuse. Bien que ce document appartienne formellement au fonds personnel Zéphirin Camélinat (291J7), nous ne savons s’il lui a été adjoint par les archivistes du PCF ou s’il avait été collecté par Camélinat lui-même.

 

Droits réservés – Archives du PCF / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis.

 

 

 

 

 

 

 

 

Grande figure de la Commune, Louise Michel a également suscité l’intérêt du PCF qui a acquis des documents de sa main. Parmi ceux-ci, une liasse de lettres qu’elle a adressées à l’avocat Paul Argyriadès entre 1885 et 1901 (377J3). Non exclusivement politiques ou juridiques, elles dévoilent une part d’intime de la militante anarchiste déportée en Nouvelle-Calédonie de 1873 à 1880, année marquée par l’amnistie des communards et par son retour en métropole.
 
Droits réservés – Archives du PCF / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis.