La guerre franco-prussienne (1870-1871) dans les fonds des Archives départementales
Le 18/02/2022 à 16h27 par AD 93

« L’Affaire du Bourget, [...] n’a point l’importance d’une grande bataille. Son importance réside dans l’effet moral qu’elle a produit à Paris ».i

 
Après une série de défaites qui entraînèrent la chute du Second Empire et la déroute de l’armée française, les Parisiens, assiégés depuis trois semaines, accusèrent le gouvernement provisoire de l’échec de l’attaque des Francs-Tireurs à l’Est de Paris et se soulevèrent le 31 octobre 1870.

 

L’Affaire du Bourget (premiers combats les 28-29-30 octobre et deuxième assaut le 21 décembre 1870) et la Bataille de Champigny (29 novembre - 3 décembre 1870), firent partie des essais héroïques mais malheureux pour désenclaver Paris.

 

L'Affaire du Bourget, et plus généralement la Guerre franco-prussienne, sont largement documentés par les archives conservées aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis.

 

Les cartes et plans (154Fi/1 à 3, 20 à 23) nous offrent la vision de la France administrative d’alors (154Fi/2 1, 20, 22), de ses moyens de défense (154Fi/23), les forces et forts français en présence sur le terrain (154Fi/3, 21). Les cartes d’Investissement de Paris (154Fi/1, 2 2) nous présentent clairement les troupes françaises et celles de la coalition allemande. Les armes sont documentées (154Fi/24, 25).

 

La lithographie, inventée en 1796, facile à apprendre, permet de reproduire une image en un grand nombre d'exemplaires et aux artistes du 19e siècle de diffuser leurs œuvres au grand public (154Fi/35, 36). La loi du 11 mai 1868 sur la presse, entraîne une floraison de journaux, contestataires pour la plupart, certains illustrés (154Fi/33, 34). Grâce à cette loi incitée par Napoléon III lui-même, puis la chute de l'Empire, et les avancées techniques : la presse connaît un regain de liberté et la caricature se déchaîne jusqu’au 11 mars 1871 (décret interdisant six journaux d’opposition).

 

Dans le style de l’imagerie populaire, des gravures françaises et allemandes (154Fi/5, 7, 9) font ressortir la vaillance des combattants et la solidarité entre corps d’armées. Ces images sont postérieures à l’événement et participeront certainement à l’édification des plus jeunes, futurs combattants de la Première Guerre mondiale. En effet, il ne s’agit pas de reproduire uniquement les victoires, puisque l’Affaire du Bourget fut une défaite pour les Français : même les actions désespérées _ voire mal organisées _ sont l'objet d’attentions, de souvenir et d’exaltation patriotique. Du côté des gravures représentant des paysages en ruines (154Fi/11, 12, 14 à 16), ces images ne produisent pas forcément un effet repoussoir mais possiblement « va-t-en-guerre », « revanchard ». Il est à noter que les deux camps réalisent des recueils d’estampes reproduisant des scènes de la guerre : occupation, bataille, attente, ravitaillement, civils, solidarité, héroïsme, dates marquantes entre batailles militaires et révoltes civiles… (154Fi/31, 32).
 
  • Siège et bombardement de Paris par les Prussiens (guerre de 1870) (6FI/236).
  • La Guerre de 1870-1871 (6FI/222).
  • La Guerre franco-prussienne : 50 estampes, gravures et recueils (154Fi), collection de l'association Jeunesse Préhistorique et Géologique de France (JPGF).
  • Le Mensuel de Blanc-Mesnil : N° 30 de Janvier 2001 (6AV/95) : « Blanc Mesnil sous le tir des canons ».
  • La riche collection de la Bibliothèque des Archives départementales.

 


 

iPage 15, In L’Histoire du Siège de Paris par les Prussiens : La première Affaire du Bourget par un Garde mobile, Imprimerie et Librairie A.-E. Rochette et Cie, 90 boulevard Montparnasse, 1871. Cote : BR 2121.
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