Chronologie de Mai 1968 : du 20 au 26 mai

Du 20 mai au 26 mai 1968

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Manifestation d’ouvriers et d’étudiants, sl, mai-juin 1968 - 98Fi/680010 A5 - Droits réservés Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

Chronologie du 20 mai au 26 mai 1968

Date Événements nationaux En Seine-Saint-Denis
20 mai Les grèves et les occupations d’usine se multiplient. Grèves à Montreuil chez Grandin, à Pantin aux Grand Moulins et au Cimetière parisien, à Pierrefitte chez Benitah, Etz-Pantz et SMCM, à Rosny-sous-Bois chez Lechner, Herckel et Sapal, à Saint-Ouen chez Ferodo, Bull, Fenwick, Bosch et au Cimetière parisien, à Sevran chez Kodak, Westinghouse et Vatelot, à Stains chez SCMS et Binoche.
Occupations d’usines à La Courneuve chez Satam-Leclerc, Satam-Neve, Corpet-Louvet, Couthon-Samafor et Mecano (qui n’avait pas débrayé depuis une vingtaine d’années), au Bourget chez CEM, aux dépôtx SNCF de Noisy-le-Sec et de Saint-Denis, à Pantin chez Coq-France, Spiros, SEV Marschall, à Romainville chez Roussel-Uclaf, à Saint-Denis à la SIFA, la SEPI, Citröen, Perkins et Languepin, à Saint-Ouen chez Citroën et Wonder et à Livry-Gargan chez Brochot, une usine qui n’avait jamais été en grève.
Grève des services publics et des communaux à Montreuil, Rosny-sous-Bois et Stains.
21 mai On compte un million de gréviste en région parisienne. On dénombre 70 entreprises en grève à Aubervilliers, La Courneuve et Stains.
Les transports sont paralysés. L’ORTF est en grève. Grève des employés communaux de Villetaneuse.
Les employés et salariés des grands magasins ont rejoint le mouvement. A Saint-Denis, le directeur d’Hotchkiss-Brandt est séquestré par les salariés. Tentative de casser la grève à l’UTA au Bourget.
Le conseil municipal de Saint-Denis affirme son soutien aux grévistes et s’engage à mettre à disposition "tous les moyens en son pouvoir pour leur venir en aide jusqu’à la victoire".
22 mai La grève s’étend au secteur de l’alimentation (minoteries de la région parisienne, travailleurs des abattoirs de La Villette. On compte plus de 200 000 grévistes en Seine-Saint-Denis, 175 entreprises en grèves, dont 85 publiques, à Saint-Denis, Pierrefitte et Villetaneuse .
Création des Comités de défense de la République par l’UNR, le parti gaulliste. Les enseignants sont totalement en grève à Clichy-sous-Bois, Gagny, Le Raincy, Gournay, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne et Noisy-le-Grand. Les grévistes de l’école Paul-Doumer de La Courneuve organisent un piquet de grève pour empêcher l’accès aux non-grévistes.
23 mai On dénombre 7 millions de grévistes. Le conseil municipal de l’Ile-Saint-Denis débloque un million d’anciens francs au bureau d’aide sociale et à la caisse des écoles. La municipalité continue d’assurer la cantine et la collecte des ordures ménagères.
Le conseil municipal de Pantin soutient les grévistes de la Polymécanique, de Coq France, et des Grands Moulins. On dénombre 16000 salariés en grève dans la ville.
Le conseil municipal de Saint-Denis soutient les 20 000 travailleurs en grève dans la ville, dont les employés communaux et les enseignants.
Fermeture de l’aéroport du Bourget.
24 mai Grande manifestation à Paris au départ de la place de la Bastille et manifestations en banlieue parisienne. Des manifestations sont organisées à Saint-Ouen (20 000 personnes), Aubervilliers, Saint-Denis et Montreuil.
Des incidents ont lieu à Paris (début d’incendie de la Bourse) et en province. A Lyon, un policier est tué.
Discours du général De Gaulle. Le conseil municipal de Villetaneuse en solidarité avec les grévistes distribue des repas gratuits aux enfants de grévistes et aux piquets de grèves, et vote un secours financier.
25 mai Ouverture de négociations entre le gouvernement, les représentants du patronat et les syndicats rue de Grenelle à Paris. Le premier prix du Conservatoire national, professeur à Dugny, verse la totalité de son cachet au profit des grévistes dugnysiens.