Résistants (1940-1944)

► Résistants (1940-1944). Photographies des graffiti du fort de Romainville

Exposition du 10 avril au 5 juillet 2013

 

L’exposition "Résistants (1940-1944). Photographies des graffiti du fort de Romainville" proposée par les Archives départementales présente des photographies du fort, situé sur la commune des Lilas, resté presque en l’état mais difficilement accessible au public, et des inscriptions et dessins des résistants sur les murs de la casemate n °17.
 
Eclairés par l’analyse historique, les graffiti retrouvent un sens. Ils redeviennent le message émouvant de femmes et d’hommes, laissant une marque de leur passage en ce lieu avant de braver le destin que leur réservent les autorités allemandes.
 
La campagne photographique menée par le Département de la Seine-Saint-Denis permet de conserver la trace de ces graffiti et de les montrer au public.
 
Visites commentées ouvertes à tous le 15 mai de 12h30 à 13h30, le 6 juin de 12h30 à 13h30 et le 13 juin de 18h à 19h30. Inscriptions au 01 43 97 00 (Anaïs Banbuck) ou sur dsa@cg93.fr


Pour en savoir plus

 
 

EN IMAGES

 

 
 

► Résistants (1940-1944). Photographies des graffiti du fort de Romainville : l’exposition virtuelle

Exposition réalisée à partir des ouvrages Graffiti de Résistants. Sur les murs du fort de Romainville (1940-1944), par Thomas Fontaine, Sylvie Zaidman et Joël Clesse, et Les Oubliés de Romainville, un camp allemand en France (1940-1944), par Thomas Fontaine.

Présentation

Le fort de Romainville, sur la commune des Lilas, fut pendant la Seconde guerre mondiale un camp allemand d’internement de prisonniers de guerre et ressortissants étrangers, de détenus de sécurité, d’otages, de prisonniers destinés à la déportation - surtout des femmes.
Des graffiti de certains de ces détenus ont été retrouvés dans la casemate n°17.
Les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis ont mené une campagne photographique, réalisée par Emmanuelle Jacquot, afin d’en sauvegarder une trace. L’exposition présente ces photographies, ainsi que des prises de vue du site actuel, très proche de celui que les détenus ont connu pendant l’Occupation. Émouvantes et fragiles, ces inscriptions relient les histoires individuelles à l’histoire nationale.
La légende mentionne les parties lisibles des graffiti. Les points indiquent des fragments illisibles. La date figure entre crochets lorsqu’elle est probable (« s.d. » lorsqu’elle est inconnue).
 

Le camp allemand du fort de Romainville

De 1940 à 1944, le fort a servi de camp d’internement des ressortissants de pays en guerre contre l’Allemagne et des personnes en « détention administrative par mesure de sécurité ». À partir de l’été 1942, les otages de la région parisienne y sont regroupés. Y sont transférés des prisonniers en détentions de sécurité, femmes et hommes, dont la plupart est déportée par la suite vers les camps de concentration. En 1944, Romainville devient le camp des femmes, le camp de Compiègne-Royallieu celui des hommes.
Au total, 7 000 détenus (3 800 femmes, 3 200 hommes) ont été internés au fort : 209 ont été exécutés au Mont-Valérien, 5 300 ont été déportés par mesure de répression (dont 3 500 femmes). Un tiers des déportés n’est pas revenu.
Le site appartient encore au ministère de la Défense. Il demeure semblable à celui que les internés ont connu : seuls l’intérieur des bâtiments et les façades des casemates ont été modifiés.
 
 
 
 
 
 
 
Le bâtiment principal. Les détenus y étaient logés en chambrées, hommes et femmes séparés. Certains prisonniers jugés dangereux restaient enfermés.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 

 

 

 

 

 

 

L’arrière du bâtiment principal et l’entrée des casemates.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93

 

 

 
 
 
 
 
L’alignement des casemates. On ne connaît pas exactement l’usage de chacune des casemates. Certaines ont été utilisées pour enfermer des détenus particuliers. Quelques casemates servaient lors de l’arrivée ou de la sortie des prisonniers.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93

 

 

 

 

 

 

 
L’intérieur d’une casemate. L’espace intérieur des casemates est vaste : la casemate n°17, de 20 m de long sur 6 m de large, était occupée par des paillasses ou des châlits de bois où dormaient les détenus.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 

Des graffiti pour le monde extérieur

Les graffiti de la casemate n°17 sont des marques clandestines laissées comme traces du passage d’un résistant, à destination des prochains prisonniers et surtout du monde extérieur et des familles en recherche d’informations. C’est pourquoi les inscriptions comportent des noms, des dates, des lieux d’origine ou d’arrestation. Quelques-uns sont des messages politiques ou religieux, des dessins qui évoquent la guerre qui se poursuit au dehors.
 
 
 
 
 
« a.r. peron, agrégé de l’université, arrêté le 16 août 42, arrivé à romainville le 24 février 43, parti le 27 septembre pour destination inconnue. », [1943], crayon noir. Alfred Péron, né en 1904. Au camp de Romainville le 24 février 1943, classé « NN ». Déporté le 27 septembre 1943 à Sarrebruck Neue Bremm puis à Mauthausen, mort en déportation en mai 1945.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 

 

 

 

 
« Grisillon roland de … le 2 mai 1943, pris le 9 avril 1943 à Cerbères », 1943, crayon noir. Roland Grisillon, né en 1927, a tenté de franchir la frontière espagnole. Au camp de Romainville du 2 au 6 mai 1943. Déporté à Buchenwald le 26 juin 1943, revenu de déportation.« 1… avril 1943 jour de poisse », 1943, crayon noir.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 
 
 
 
 
« J. Colin parti le 27-9-43 pour l’Allemagne. Vive la liberté et vive le P.C. », 1943, crayon noir. Jacques Colin, né en 1899, résistant du réseau gloria SMH. Au camp de Romainville le 24 février 1943, classé « NN ». Déporté le 27 septembre 1943 au camp de Sarrebruck Neue Bremm puis à Mauthausen, revenu de déportation.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 
 
 
 
« andré Lazaro de paris 14e arrêté et interné à fresnes le 21-8-1942, transféré à romainville le 24-2-1943, parti probablement pour l’allemagne le 27-9-1943. vive la liberté et vive le socialisme. vive les soviets », 1943, crayon noir. André Hadji Lazaro, né en 1914, résistant du réseau Gloria SMH. Au camp de Romainville le 24 février 1943, classé « NN ». Déporté le 27 septembre au camp de Sarrebruck Neue Bremm puis à Mauthausen, revenu de déportation.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 

Des traces de l’entre-soi

Dans la casemate, les détenus doivent composer avec la promiscuité ou créer des liens avec les autres internés.
Certains graffiti rendent compte de l’univers carcéral et du désœuvrement. Les dessins ou les calendriers, qui indiquent la nécessité de ne pas perdre le fil du temps, témoignent d’un moment d’intimité ou de solitude d’un détenu. En revanche, les listes de mots d’allemand ou de noms d’insectes, témoignent peut-être de l’organisation de cours de langue ou de sciences naturelles par et pour les prisonniers.
 
 
 
« V 25, S 26, D 27, L 28, M 29, M 30 », « 6 jours », « 1er , 2 juillet », [1943], crayon noir. Ce calendrier de l’été 1943 correspond à une arrivée importante de détenus au fort (au moins 34) : parmi eux Dutreix, Le Blanc et Boissière, membres d’un groupe de résistants de l’Armée Secrète de Haute-Vienne. On compte dans cette arrivée beaucoup de résistants jugés dangereux, sans doute classés comme détenus « isolés ». Privés de contact avec les autres internés, ils sont peut-être restés plusieurs jours enfermés dans la casemate avant de rejoindre le bâtiment principal.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dessin, s.d., crayon noir. Dessin, s.d., crayon noir.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 
 
 
 
 
 
 
Dessin, s.d., encre noire. Avion bombardant un train.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 
 
 
 
 
 
 
« Ortopteros, Lepidopteros, hymenopteros, dypteros, Coleopteros », s.d., crayon noir. Ordres d’insectes figurant dans la classification zoologique.
Photographie Emmanuelle Jacquot, CG93
 
 

► Les rendez-vous de l’exposition "Résistants (1940-1944). Photographies des graffiti du fort de Romainville"

Toute la programmation autour de l’exposition

 
Visites guidées de l’exposition
Ouvertes à tous sur inscription
  • Mercredi 15 mai, de 12h30 à 13h30
  • Jeudi 6 juin, de 12h30 à 13h30
  • Jeudi 20 juin, de 14h à 15h
  • Jeudi 27 juin, de 18h à 19h
Inscriptions au 01 43 93 97 00 ou par mail.
Pour les classes ou les groupes, merci de réserver auprès du Service des publics et de la valorisation des Archives départementales.
 

► Vies Prolétaires n° 12

Mercredi 22 mai, à 14h : Gervaise et Jean, des lycéens dans la Résistance. Projection en avant-première du documentaire de Jean-Pierre Gallepe suivie d’un débat.
En partenariat avec Périphérie, centre de création cinématographique.