Archives familiales et archives de particuliers

Le fonds de la famille de Gourgue et de la seigneurie d’Aulnay

Archives anciennes des seigneuries et familles de l’actuelle Seine-Saint-Denis

Le fonds de la famille Fleutret-Gauthé

Les archives familiales de Settimo Ceccarelli

 

 

► Le fonds de la famille de Gourgue et la seigneurie d'Aulnay (sous-série 4J)

 
Le fonds s’étend du XIIIe au XXe siècle et s’articule en deux parties principales, l’une portant sur la seigneurie d’Aulnay, qui en constitue la majeure partie et l’autre sur les familles de Gourgue et Le Clerc du Cottier.
 
1669 : Armand-Jacques de Gourgue épouse Isabelle Le Clerc du Cottier ; celle-ci, fille unique de Jean Le Clerc du Cottier, transmet à la mort de son père la seigneurie d’Aulnay à son époux. Par ce mariage, l’histoire d’Aulnay-sous-Bois se lie donc, pour plus de deux siècles, à celle de la famille de Gourgue.
 

La famille de Gourgue et Aulnay-sous-Bois

 
Les membres de la famille de Gourgue furent les seigneurs de la seigneurie d’Aulnay depuis 1683 jusqu’en 1789. Loin de quitter la commune à la Révolution, ils y restèrent au contraire, et plusieurs d’entre eux furent maires d’Aulnay au cours du XIXe siècle (Auguste-François de Gourgue de 1808 à 1830 et Dominique de Gourgue de 1866 à 1893). Propriétaires terriens importants, détenteurs d’un château aujourd’hui disparu jouxtant l’église Saint-Sulpice (actuelle rue Jacques Duclos) pendant plus d’un siècle, les Gourgue ont une histoire intimement liée à celle d’Aulnay et notamment à celle de l’aménagement et des travaux publics (écluse sur la rivière de la Morée, travaux sur les moulins).
 

Les tribulations des archives

 

La branche aulnaysienne de la famille de Gourgue s’éteint au début du XXe siècle. Le château, abandonné, est finalement détruit en 1907 et entièrement rasé. Lors de cette démolition, les archives de la famille sont sauvées in extremis, mais largement dispersées. La mairie d’Aulnay-sous-Bois parvient néanmoins à en récupérer une partie. Ces documents sont déposés aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis en 1980 afin d’y être traités et conservés au mieux.

 

 

Composition et intérêt du fonds

 
Ce fonds de la seigneurie d’Aulnay contient de nombreux documents relatifs à la seigneurie depuis le XIVe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe (on compte même des copies réalisées au XIVe siècle d’actes établis au XIIIe). En effet, la famille de Gourgue avait hérité la seigneurie d’Aulnay par le mariage d’Armand-Jacques de Gourgue et d’Isabelle Le Clerc du Cottier : dès lors, Armand-Jacques de Gourgues récupéra tous les titres de propriété relatifs à cette seigneurie.

 

Ce fonds s’articule donc entre papiers personnels des membres des familles Le Clerc du Cottier et de Gourgue (papiers de fonction, comptabilité, inventaires après décès) et documents liés à la seigneurie (fois et hommages rendus au roi, terrier de la seigneurie, contrats de ventes, gestion de la seigneurie, comptabilité domaniale, travaux, exercice de la justice). S’y ajoutent des pièces relatives aux autres domaines et seigneuries détenus par la famille de Gourgue (seigneurie de Rabeyne sur l’île d’Oléron et seigneurie de Vayres en Gironde). L’ensemble du fonds représente près de 3 mètres linéaires, regroupant près de 1150 documents.

 

Un nouvel instrument de recherche : pourquoi ?

 
Ce fonds bénéficiait déjà d’un instrument de recherche réalisé en 2000, établi par des bénévoles extérieurs aux équipes du service des Archives départementales. Leur travail exhaustif proposait une identification pièce à pièce de chaque document inclus dans le fonds. Il est néanmoins apparu nécessaire pour faciliter la recherche, de reclasser le fonds afin d’en faire ressortir la structure et de permettre aux chercheurs une contextualisation et une meilleure compréhension des documents. Dès lors, il était impératif de réactualiser l'instrument de recherche.
 
Emmanuelle Giry
Archiviste paléographe
Conservateur stagiaire du patrimoine
Janvier 2012
 

► Archives anciennes des seigneuries et familles de l'actuelle Seine-Saint-Denis

Lumière sur nos fonds anciens

 
Les archives seigneuriales et familiales complètent les rares fonds publics antérieurs à la Révolution. À l’exception du fonds de Gourgue (4J), déposé par la ville d’Aulnay-sous-Bois en 1970, elles proviennent principalement de la dévolution au Département de la Seine-Saint-Denis par les Archives des Yvelines en 1997 (77J – Seigneurie de Montfermeil ; 78J – Seigneurie de Noisy-le-Grand ; 79J – Seigneurie de Vaujours ; 80J – Seigneurie de Gournay) ou de dons de pièces isolées effectués par les Archives du Val-de-Marne en 1983 (1J/88 – Seigneurie de Bagnolet) ou de Seine-et-Marne en 1989 (1J/248 – Seigneurie d’Aubervilliers).

 

Mais, chaque fois que l’opportunité s’en présente, les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis ont à cœur de collecter des archives complémentaires à ces fonds ou relevant de nouveaux fonds anciens. Malgré leur caractère lacunaire, ces archives seigneuriales et familiales constituent en effet une source intéressante pour l’histoire économique et sociale des campagnes de la frange orientale du territoire départemental sous l’Ancien Régime.
 
Pour en savoir plus : voir l’état des fonds anciens
 

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► Le fonds de la famille Fleutret-Gauthé

Une famille montreuilloise avant la Seconde guerre mondiale

 
En mars 2014, Madame Michèle Denis a proposé aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis un don d’archives familiales.
 
Ce dernier est composé d’une série de 28 cahiers scolaires utilisés par sa mère, Christiane Fleutret, durant sa scolarité en classe de cours supérieur et de cours complémentaire à l’École de jeunes filles du groupe scolaire Voltaire à Montreuil-sous-Bois entre 1933 et 1938.
 
Elle y a finalement ajouté quelques autres documents (diplômes, correspondance, photographies) concernant Christiane Fleutret elle-même, mais également son environnement familial qui a résidé durablement au 225, rue Étienne Marcel à Montreuil. Ces documents qui couvrent la période 1909-1964 représentent un volume de 0,2 mètres linéaires.
 
Ce petit fonds de papiers familiaux constitue un échantillon intéressant. Il fournit principalement un aperçu sur le contenu du cursus de fin d’études primaires et la formation professionnelle d’une jeune fille durant les années 1930. Il offre également quelques indices sur la vie quotidienne : représentation individuelle (tenue vestimentaire) et de la sociabilité collective (classe, groupe de rosières) de plusieurs générations d’une famille montreuilloise avant la Seconde guerre mondiale.
 
Pascal Carreau
Archiviste
Avril 2014

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►Les archives familiales de Settimo Ceccarelli

Un italien en Seine-Saint-Denis

 
Settimo Ceccarelli est né le 29 mars 1896 à Sambuca Pistoese (Toscane, Italie). En 1922 ou 1923, en raison de ses opinions politiques, il fuit le régime de Mussolini et se réfugie en France. Durant les années 1930, il est engagé comme manœuvre aux Usines Richard au Blanc-Mesnil. En décembre 1939, il s’engage dans l’armée française. Fait prisonnier, il est interné au « Frontstalag 122 » de Compiègne dont il est libéré en 1941. Il participe ensuite à la Résistance dans un bataillon « garibaldien » des Forces Françaises de l’Intérieur. Après guerre, il travaille à la reconstruction des voies de chemin de fer à Noisy-le-Sec (1946), aux usines Babcock & Wilcox à La Courneuve (1947), avant de retourner aux Usines Richard (1948), plus proches de son domicile. En 1948, il reçoit la nationalité française. Il meurt le 13 janvier 1980 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
 
Les documents qui constituent ce petit fonds ponctuent un itinéraire marqué par la constance des convictions et, après le départ d’Italie, la volonté tenace de s’investir dans tous les domaines – y compris en s’engageant dans l’armée régulière puis dans la Résistance - pour s’intégrer pleinement et définitivement à la société française.
Ses papiers personnels et familiaux ont été donnés aux Archives départementales par ses filles, le 9 mars 2017. Ils documentent un trajet singulier qui s’inscrit plus généralement dans l’histoire du territoire de l’actuelle Seine-Saint-Denis, en particulier celle de l’arrivée de populations migrantes en provenance d’Italie durant la première moitié du 20e siècle.